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- Hauts lieux de la Résistance                     Ed. OF 1991

- La Résistance en I&V.

           René Chesnais 1999

Comme tous ceux qui passent à Port de Roche, qui vont de Langon vers Le Grand Fougeray, ou reviennent de Saint-Ganton ou Guipry, obligés de contourner le monument pour prendre la route de la gare et la direction du bourg, mon regard est attiré inexorablement par ces pierres élevées en mémoire des fusillés du 6 août 1944.

Et mes pensées - tout en gardant le contrôle de mon véhicule, marquant le "Stop" et surveillant la circulation - s'envolent un instant vers ces hommes valeureux pour lesquels on édifia ce monument et qui avec les années disparaitraient définitivement de notre mémoire si ce souvenir n'était planté là  ainsi que les commémorations annuelles.

Personnellement, né un an avant ces événements, j'étais évidemment trop jeune pour enregistrer ce fait héroïque et retenir les noms de ces glorieux langonnais maintenant gravés sur le granit et que je n'ai jamais connus.

Ces noms, j'avais envie de les redécouvrir et de les faire entrer dans ma mémoire en rappelant cette histoire - qui n'a pas réfléchi, en imaginant être à leur place, aux réactions et comportements qu'il aurait eu dans la même situation -

J'ai pensé que la meilleure manière était de partir moi-même à la recherche d'archives et de documents. Et, pourquoi pas, trouver et interroger les derniers témoins encore vivants (2015) de cette époque.

Les résultats de ces recherches  les voici consignés dans cette page, tels quels, sans fioritures ajoutées, et mis à la disposition de tout visiteur  POUR LA MÉMOIRE.

                                                                 A.D.

Echo de Langon Août 1948    

-  L'Abbé PAUTONNIER Vicaire -

Habitants de Langon, vous souvenez-vous de ce dimanche matin 6 août 1944 ?

Les Américains étaient passés le jeudi 3 Août. C'étai la joie de la LIBÉRATION. Les cloches avaient carilloné. Les maisons étaient pavoisées aux drapeaux français et alliés.

Hélas! Cette joie bien légitime devait être de courte durée. Le vendredi matin, le pont sur la Vilaine, à Beslé, sautait. Seul celui de Port de Roche était debout.

Une mesure s'imposait : la garde du pont. Un groupe de jeunes volontaires est désigné.

Le Dimanche 6, vers trois 3 du matin, une colonne allemande en déroute, forte de 5.000 hommes, arrive et sème la terreur dans tout le haut de Langon, tuant au BRULAIS un petit jeune homme de 15 ans, Jean LEPERE, accouru au bout du chemin… pour vois passer les AMÉRICAINS !

Et ce fut le massacre épouvantable de cinq jeunes :

Jean Baptiste LEBRETON, 18 ans

Gabriel NEVOU, 22 ans

Auguste GUÉRIN, 29 ans

Jules LE FRECHE, 26 ans

Célestin POULAIN, 26 ans

 

Un sixième, Armand JOLLIVEL, devait tomber le lendemain au GRAND FOUGERAY, alors qu'il se portait au secours du Docteur NOAILLES.

Combien furent émouvantes les funérailles, le mardi dans notyre vieille église! Toute la population était dans le deuil.

A la liste des victimes, il faut ajouter deux noms : Pierre PORCHER, fusillé à ANGERS et Jean Baptiste RIMBAUD, mort en déportation.

 

Echo de Langon Août 1948  - suite  

-  L'Abbé PAUTONNIER Vicaire -

Quelques précisions, d'après le discours de Monsieur I. Renouard, lors de l'inauguration du Monument aux Morts de Port de Roche.

"Le premier dimanche d'Août 1944, à l'aube, 10 Jeunes de chez nous se sont relayés à la garde du pont de Port de Roche.

Au moment de la relève, pendant que leurs camarades vont au repos dans une maison voisine, 4 de nos jeunes descendent du pont pour prendre leur garde, quand, vers la route, un bruit de voiture en marche les attire. Croyant trouver les AMÉRICAINS, ils accourent plein de confiance. Cruelle méprise! Les hommes qu'ils rencontrent et qui les encerclent aussitôt, constituent l'avant-garde d'une colonne allemande, en retraite vers SAINT NAZAIRE.

Nos 4 jeunes gens sont poussés à coups de crosse, à coups de bottes jusqu'au talus, face à cette étable (un geste pour désigner l'endroit tout proche) et là, dans la lumière d'un beau matin d'été

Jean Baptiste LEBRETON

Auguste GUÉRIN

Gabriel NEVOU

Jules LEFRECHE

Sont alignés, et, sans jugement, massacrés à la mitraillette.

Mais ce massacre n'a pas encore assouvi la rage des brutes; avec leurs horribles bottes, ils meurtrissent lee visages et les corps de leurs victimes; et ces actes ne prennent fin qu'au milieu de la matinée, quand un officier ordonne l'enlèvement des corps. Ils sont mis sur une charrette réquisitionnée, qui les conduit sous escorte au cimetière? Là, les corps sont jetés dans une fosse commune et, sans linceul, impitoyablement couverts de terre.

Pendant ce temps la horde tenait sous la terreur la population de Port de Roche. Vers la fin de la matinée, un domestique du village, Célestin POULAIN, dans la chambre duquel des soldats ont trouvé un mousqueton, remis à lui la veille par les AMÉRICAINS, est traîné dans le jardin, et, sans jugement, abattu à la mitraillette.

Par une chance presque miraculeuse, un autre massacre fut cependant évité. Six des hommes qui avaient passé la nuit à la garde du pont réussirent à sauver leur vie, dissimulés dans un grenier. Une personne avait eu la présence d'esprit de retirer l'échelle qui leur avait servi à gagner cet abri.

Cette journée du 6 Août devait faire cependant d'autres victimes. Près d'ici, un tout jeune domestique, 15 ans, Jean LEPERE, qui croyait lui aussi acclamer les AMÉRICAINS, a été abattu, au bout de la route, comme un simple gibier… A la limite de Messac et de Langon, deux paisibles habitants du village de Bœuvres étaient tombés sous les balles quelques instant plus tôt. Le matin de ce même jour, de l'autre côté de la Vilaine, en la commune de Ste Anne, trois jeunes et courageux résistants : Jean GUÉRILLON de Pléchatel, Louis BRÉHAULT de la Richardais, Claude ROZET de Rennes ont été passés par les armes sur le bord de la route… Dans la même commune, un jeune fermier, Pierre RABU, grièvement blessé d'une balle, décèdera un mois plus tard.

Cependant cette journée de cauchemar va s'achever: après un engagement avec quelques chars américains, la horde qui a saboté le matériel inutile ou encombrant, se remet en route vers le soir.

LANGON va pouvoir faire la liste de ses morts. Pas encore… Au Grand Fougeray, Armand JOLIVEL, 21 ans, lieutenant F.F.I., tombera sous le feu des mitraillettes, victime de sa trop grande bravoure.

En plus d'Armand JOLIVEL, la colonne Allemande fit au Grand Fougeray deux autres victimes : le Docteur NOAILLES, qui, au bruit de la fusillade, se portait au secours des blessés, et une innocente jeune femme, tuée à sa fenêtre.

Deux jours après ce massacre, Langon fit à ses morts d'émouvantes funérailles. Dès le lundi matin, les corps meurtris et souillés avaient été retirés de l'horrible fosse commune et pieusement ensevelis par des mains charitables. Ils reposent dans les tombes de famille. Regardez bien les pierres de leur MONUMENT, dures et droites, groupées en V, le V de la Victoire, face à l'Est, la frontière violée si souvent, mais aussi face au soleil qui se lève, signe d'espoir, de renaissance, de vie.

Au centre, un DOLMEN porte leurs noms et la palme du sacrifice.

Dominant le tout de sa masse, le grand MENHIR est l'image de la France, qui toujours veillera sur ses héros…

 

 

Echo de Langon - 20.08.1972

(Voir la page en entier - PDF)

Poème d'Armand JOLIVEL

 

Le malheurLe malheur sur la France s'est abattu soudain

Et l'aigle du Führer, comme un oiseau rapace

A trahi nos soldats en leur liant les mains;

Puis, s'élevant bien loin, tout là-haut dans l'espace,

A crié sa victoire sur notre France défunte!

Mais, l'âme de la Patrie n'est pas morte,

Tu t'es tromppé, maudit, en la croyant éteinte!

Sous le baillon qui l'étouffe, elle n'en est que plus forte.

Et les heures en fuyant hatent la délivrance

Car chacun de nous tous cultive au fond du cœur

Cette haine sacrée qui donne l'Espérance.

Déjà, l'ennemi fléchit dans sa gloire de vainqueur :

Des Français Libres combattent aux côtés des Alliés,

Unis comme un seul homme dans une même conception,

Ils n'ont qu'une seule pensée : délivrer la France enchainée.

Nous serons dignes de vous, héros de la Nation

Quand l'heure aura sonné de marcher au combat,

Tous ensemble, nous ferons le sublime devoir,

Nous mourrons s'il le faut, c'est Dieu qui jugera

Mais, qu'importe le sort, nous aurons la Victoire

Ecrit sur la Lande, après une méditation sur le désastre de juin 40.

MONUMENT

Mise en place et inauguration

Ouest-France 20 Juillet 1948

(Lire  la suite : les événements relatés par le journal - Fichier PDF)

Echo de Langon Août 1948    

-  L'Abbé PAUTONNIER Vicaire -

Suite

 

C'est pour rappeler ce douloureux souvenir, que le dimanche Ier Août 1948  a été inauguré sur les lieux mêmes du drame, en présence d'une foule nombreuse, au cours d'une cérémonie grandiose présidée par M. BILLEGARD, préfet d'Ille-et-Vilaine, un monument original, qui sera l'hommage de toute la population à ceux qui furent des braves, des héros.

Retenons le thème du sermon prononcé par M. le Recteur de SAINT GANTON, au cours de la Grand' Messe célébrée sur les lieux mêmes où coula le sang de nos fusillés, associant leur sacrifice à la Passion du CHRIST, la Messe n'étant pas autre chose que la répétition du drame du Calvaire.

A la fin de la Messe, M. le CURÉ se REDON bénit le Monument et préside le LIBERA.

Un clairon égrène les notes de la sonnerie aux MORTS et c'est l'appel des disparus. Silence profond; les yeux se mouillent de larmes.

M.Isidore RENOUARD, MAIRE, parle :

"Nous avons choisi, dit-il, la pierre la plus dure, le Quartz de nos landes, parce qu'elle est l'image de leur courage. Qu'elle défiera les siècles portant aux générations futures leur douloureux message.

Nous avons planté ces pierres debout, parce qu'eux-mêmes, n'acceptant pas la défaite, se dressèrent face à l'ennemi, jusqu'à la mort… Et pour qu'ils se dressent aussi sur notre passage, à la croisée des routes, nous indiquant le droit chemin du devoir et de l'Honneur."

 

M. JANTON, Conseiller de la RÉPUBLIQUE, invita à puiser dans le sacrifice des fusillés, un exemple d'union et de dévouement.

Ainsi restera efficace, conclut M. le PREFET, la mémoire de telles personnes.

Photo de 1950

 

 

 

1 Août 1948

Inauguration /2 photos

Agrandir

A défaut de distinguer les personnages, ces 2 documents nous montrent la foule.


Résistants et Maquisards de Langon

Le 8 Août 1948 quatre anciens résistants furent décorés à Port de Roche de la Croix du Combattant :

René GAUDICHON - André GUIHAIRE

Lucien LETORT - Albert PROVOST

Voici quelques photos de cette journée.

(Agrandir par un clic)

 

Il y eut des résistants à Langon, morts pour la FRANCE ou décorés pour leurs actions courageuses. Vous trouverez à suivre quelques uns de leurs exploits.

En cette année 2015 un seul est encore parmi nous : Marcel PHILIPPE.

C'est de bonne grâce, en souvenir de ses camarades disparus, qu'il a bien voulu se prêter à cette petite séance d'enregistrement.

Le Chant des Partisans

(A lire plein écran)

 

 

 

En cliquant sur les plaquettes ci-dessous vous trouverez les pages concernant Langon

(Editions Oust-France)

1991

 

Marcel PHILIPPE

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Ed.1999

- Cliquez sur l'image ci-dessous -

 

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