ACCUEIL

Quelques précisions historiques sur les Ecoles Libres et le Sacré Cœur

Le Sacré Coeur

Quelques précisions

 

Première kermesse

paroissiale

 

Ecoles avant 1905

quelques éléments

Listes d'élèves

1881 / 1883

 

A partir de 1905

Ecole Publique

Liste d'élèves

Elèves et maîtres : photos

 

 

Comme nous l'avons vu pour la salle paroissiale Saint-Michel et avant que cette dernière ne soit construite, tous les paroissiens de la communauté langonnaise, sous l'impulsion et l'exhortation du clergé, participèrent à la mise en œuvre et à l'érection des deux écoles libres. La salle de patronage n'était en fait qu'une répétition; les habitudes étaient déjà bien rodées.

Suite à mes recherches et avec la participation de langonnaises et de langonnais non frappés d'amnésie et encore alerte malgré l'âge... certain, je vous livre ici quelques éléments susceptibles d'éclairer votre lanterne.

Ecole des Sœurs "Notre Dame"

Ecole des Frères "Saint Jean-Baptiste"

Avant la persécution de 1902 (Voir article de l'Ouest-Eclair de février 1903), le Soeurs de Ruillé, Congrégation de la Providence, faisaient la classe aux petites filles de Langon. Les religieuses ne purent reprendre l'oeuvre après la laïcisation. L'école, située au milieu du Bourg (Mairie actuelle) dut être abandonnée. Elle fut utilisée comme école laïque (L'Ouest-Eclair du 9 Août 1905 Lire).

Sur les instances du clergé, la chrétienne population se fit un devoir de construire un nouveau bâtiment sur la penchant de la colline (Lieu-dit "La Papillonnaye). L'école de Notre Dame du Sacré Cœur fut bientôt ouverte (1910 ou 1911). Plusieurs années durant on dut se contenter de jeunes filles comme institutrices.

Agrandir

1910-11 En construction

1911

1911

1950

1955

 

En 1917, Monsieur l'Abbé ALLIS, Recteur de la paroisse, vint solliciter pour son école des religieuses de la Congrégation de Notre Dame des Chênes à Paramé. La demande fut accueillie favorablement des Supérieures et, en septembre 1917, Sœur Marie de la Providence (Melle Jollivel)- décédée en 1964 - et Sœur Agnès de l'Enfant Jésus (Melle Nantel) commençaient  leur œuvre près des Langonnaises.

En 1929, Melle Nantel fut remplacée par Melle Boscher (Sr St Jean Vianney) à laquelle succéda en 1931 Melle Fourmy (Sr Gabriel de St Martin).

Au cours des années, l'école n'a cessé de prospérer. Aux classes primaires est bientôt annexé un petit pensionnat (20 élèves). En 1937 s'ajoute un Cours Complémentaire dirigé par Melle Poupon (Sr Louise du Crucifix) jusqu'en 1945, puis Sœur Marie Auxiliatrice. En même temps, quelques élèves prennent des leçons de piano avec Sœur Marie-Eudes de Jésus. Un Cours Ménager s'établit en 1951 dirigé par Soeur Emmanuel Marie aidée de Sœur Marie Julienne.

Le Cours Complémentaire ne comptant plus que quelques élèves fut supprimé en 1956. Le Cours Ménager ne lui subsista que quelques année (1958), non pas parce qu'il manque d'élèves, mais, par suite d'une organisation nouvelle de la Direction Diocésaine, il ne peut plus fonctionner comme "rural".

A la demande des familles, le Cours Complémentaire est rétabli en 1959 avec Sœur Marcelle Thérèse, puis Sœur Rose de Sainte Marie. Il est définitivement supprimé en 1962.

A cette date, 1962, une des classes primaires complètement rénovée est destinée par Mr l'Abbé Gouault aux plus petits ; c'est l'école maternelle où, Mme Dandé, qui depuis plusieurs années faisait la Classe Préparatoire, se dévouera jusqu'à sa mort en 1967.

Il va sans dire que tous ces développements et transformations ont nécessité de nombreux agrandissements des locaux pour : dortoirs, réfectoire, salles de cour.

Sœur Marie de la Providence demeura à son poste de directrice jusqu'en 1947 - Lire son parcours : bulletin paroissial - . Elle fut remplacée d'abord par Sœur Marie de l'Immaculée (1947-1957) puis Sœur Thérèse du Cœur de Marie (1957-1960) et Sœur Saint Jean l'Évangéliste (1960-1967).

En plus des Sœurs institutrices nommées précédemment, d'autres sont venues successivement exercer divers emplois. Parmi elles, Les Sœurs Marie Mathilde, Marie-Thérèse, Marie Edouard, Marie Thérèse du Divin Cœur.

Pour l'école des garçons, l'école du Bourg gérée conjointement par la Commune et la Paroisse (Voir document de 1881) sous contrôle de l'État, devint de facto École Laïque de la République en 1905; bien entendu sans expulsion des maîtres qui déjà étaient des laïcs. L'érection d'un établissement confessionnel dédié aux garçons était moins urgent que pour les filles.

Dans tous les cas, il n'était guère possible de mener de pair l'édification de deux établissements; il est évident qu'une telle entreprise était au-dessous et des moyens et des disponibilités de la population. D'autant que si l'école des filles "Notre Dame" fut réalisée et terminée vers 1910-1911, survînt la guerre qui, comme on le sait, non seulement ne pouvait être propice à cette entreprise, mais surtout contribua à une réduction importante de la population masculine - voyez la longue liste inscrite sur le monument aux morts -  alors seule apte à ce genre de travail; la reconstruction des familles et les travaux des champs étaient prioritaires.

Ce n'et donc qu'en 1935 que fut prise la décision de construire une école libre de garçons et avec l'aide habituelle des paroissiens l'affaire fut rondement menée. La Congrégation des Frères Maristes qui en était la principale instigatrice en la personne du Frère Eudes devait en assurer la direction.

Là encore, chacun participa selon ses moyens. Le terrain sis au lieu-dit La Roche Guillaume fut cédé en partie par le Docteur Gautier (peut-être comme le suggère les recherches de Yves Cariou - affaire Chevalier de Villepie - pour rendre à la paroisse un terrain indûment acquis par ses ancêtres lors de la vente des biens d'Église comme biens nationaux en 1791) en partie par son épouse Madame Gautier / de la Villeboinet sur ses biens personnels.

Le Baron de Dampierre ne fut pas en reste, il donna les meilleures essences de sa forêt du Bot pour les besoins en bois. Les artisans apportèrent leurs compétences, les paysans leurs moyens et leur temps. Il faut savoir qu'il s'agissait d'une affaire paroissiale - comme pour l'école des filles - monsieur le Recteur chaque dimanche annonçait en chaire et donnait la liste de ceux qui étaient désignés pour la semaine suivante au charroie du sable depuis la carrière de Port de Roche ou celui des pierres depuis la carrière de la Morinais. Tous conscients de participer à une aventure commune dont ils seraient les premiers bénéficiaires; même si parfois, on me l'a rapporté, des incidents malheureux ponctuaient parfois ces activités bénévoles. C'est ainsi que suite à un renversement du tombereau chargé de sable conduit par Joseph Dandé un brancard se brisa.

Agrandir

1935

1950

 

Mais rien n'arrêta les travaux qui parvinrent à leur terme dans les délais prévus.

C'est ainsi que la nouvelle école Saint Jean Baptiste ouvrit ses portes à la rentrée de septembre 1935 sous l'égide des Frères Maristes et de son Directeur Frère François Eudes initiateur du projet, jusqu'à son décès en 1950 (et non 1953 comme donné par Jacques Gervis dans son histoire de Langon).

Frère François Eubert

(Cliquer sur la photo pour en savoir plus)

Deux autres directeurs auront laissé à des titres différents leur empreinte à la suite du Frère Eudes, le Frère Chanel autoritaire et fantasque jusqu'en 1953 et le Frère Xavier disponible et affable jusqu'en 1960.

Et bien entendu le Frère Paul à l'origine du Juvénat et décédé en 1964 : Bulletin Paroissial.

Quelques souvenirs personnels de l'École Saint Jean Baptiste. - Outre les Frères Chanel et Xavier je citerai pour mémoire les frères Martial (économe, jardinier et bricoleur... ancien Ambassadeur de France en Turquie), Yves (mon libanais de Quimper), André, Robert, Gabriel (colérique surtout lors de matches de foot !) Etienne, Timothée directeur du Juvénat (parti trop tôt suite à une terrible maladie).

Frères Chanel

et ses décorations


Frère Paul

décécé le 10 août 1964

Bulletin Paroissial

Le frère Chanel que beaucoup craignaient n'avait pas spécialement bonne réputation, puis-je répéter les termes peux élogieux qu'utilisa dans une correspondance de mai 1961 le frère Yves (Cariou - auteur de l'Histoire de Langon qui m'a donné l'idée de ce site) alors au Liban à son endroit : "... comme tous les Franc-Comtois - pardon pour eux - que j'ai connus... des êtres étroits, scrupuleux, pète-sec et bornés..." ! C'est peu dire!!! Pour ma part, je me souviens des "sérénades" qu'ils donnait avec son violon et que nous entendions certains soirs de "colle". Etait-ce pour nous distraire ou pour nous infliger une double peine? Genre tzigane et mélancolique j'ai encore dans la tête les mélodies grinçantes et dissonantes qu'il nous faisait subir, plus proches des gémissements produits un soir de St Jean par les frottements sur le jonc au-dessus d'un grand bassin en cuivre sensés reproduire le bêlement de la chèvre que l'on trait, mais à des années lumière d'un premier violon exerçant son talent de premier prix du conservatoire !

Frères Etienne

et Timothée

Frère Timothée décédé le 3 avril 1966

Bulletin Paroissial

Je me souviens du frère Gabriel arbitrant une rencontre de tournoi de football et abandonnant au beau milieu de la partie les joueurs à leur sort, vexé que sa décision d'un coup-franc soit contestée. C'est lui également qui, devant le silence d'un élève ne sachant pas sa leçon, usait de métaphores très particulières telle que celle-ci : "Vous êtes là, amorphe comme une bouse de vache qu'une roue de charrette vient de couper en deux"!

Je me souviens de ces randonnées au bord de la Vilaine le mercredi après-midi. Elles nous donnaient parfois l'occasion de joutes peu amènes avec d'autres enfants qui du côté Ste Anne, tout simplement en promenade comme nous, nous invectivaient pour je ne sais quels motifs, héréditaires peut-être, ou par peur de l'étranger méconnu habitant au-delà du fleuve. La distance qui nous séparait nous autorisait, sans appréhension de contact direct et virils en représailles, à des échanges verbaux. Aux cris de "Cons de Langon" (sans doute pour la rime) qu'ils nous lançaient nous les traitions de "Chouans de Sainte Anne"... sans autre réprimande des frères qui nous accompagnaient ne prenant cela que pour des jeux d'enfants sans gravité.

Nos sorties du mercredi étaient diverses, je me souviens de ces chasses à l'écureuil que nous faisions dans le petit bois de pins de la Croix Saint Michel. Dans le but de les attraper nous faisions tout pour les fatiguer par des bruits suceptibles de les effrayer; par la voix avec nos cris aigus d'enfants, en tapant dans les mains ou en frappant sur les troncs avec des bouts de bois. L'écureuil sautait alors d'arbre en arbre et nous l'acculions à la sortie du bois où il ne pourrait plus trouver de refuge. Plus calme la chasse aux grillons que nous extirpions de leur trou en les titillant avec un brin d'herbe.

Je me souviens du Frère Xavier. 1954, unique année en ce qui me concerne puisque je partais en pension à la rentrée suivante, mais cettte année aura suffit pour qu'il se fasse apprécier de tous ses élèves dont je faisais alors partie. J'ai toujours en tête ce chant scout et martial qu'il nous apprit : "Chante au danger" don't je vous livre le refrain... simple rappel pour mes anciens camarades de l'époque qui je n'en doute pas le fredonnent encore parfois dans leur tête:        Va fils de France / Et sans courber la tête / Droit sur l'avenir / Fixe ton regard...

Quelques autres souvenirs refont surface. Ces cerceaux en fer, uniques et jamais vus ailleurs, fabriqués par les frères eux-mêmes composés d'un cercle de feraille fermé et soudé imbriqué dans une poignée identique et que nous ne pouvions donc pas perdre lors de courses effreinées dans la cour de récréation. Le privilège donné à certains - en fis-je partie pour me le rappeler?... sans doute - de passer côté jardin où nous pouvions soigner les lapins et naviguer au milieu d'une allée bordée de groseillier. La récolte du tilleul fin juin lors d'activités plus dilettantes présageant le tout proche départ pour les grandes vacances. Et ce dernier jour où nos maîtres nous donnaient congé en nous remplissant les mains de "coeur de pigeon".


Quelques photos déjà incluses dans la page "photos écoles"  + 2 inédites : au centre 1937 et  Lourdes dont je n'ai pas la date

(Au visiteur attentif qui saura définir l'année et éventuellement me le préciser)

1953

1937

Lourdes

1954

Foot

Vilaine

Vilaine

Vilaine


Ecoles Libres... frais de fonctionnement.

Suite à l'édification de l'école des Sœurs, les familles qui s'étaient investies pour sa construction continuèrent à participer au financement des dépenses ordinaires du nouvel établissement... "Ecole Libre : Ecole des Riches !"... entendons-nous encore maintenant. Mais l'on sait pertinemment qu'à l'époque toutes les familles étaient plus près du seuil de pauvreté comme on le conçoit actuellement.

Survint la construction de l'Ecole des Frères : un deuxième établissement à entretenir. C'est alors que le conseil paroissial décida d'une manifestation destinée à récolter des fonds. Et ce fut en 1938 la première kermesse du genre.

Voir photo à droite.

Agrandir

Comme le précise l'Ouest-Eclair, cette première kermesse paroissiale se déroula sur la propriété du Fao et dans le cadre de la nouvelle école. Première Fête bretonne, le défilé arrivant dans la cour de l'Ecole Saint Jean-Baptiste.


LE SACRE CŒUR

Agrandir

Incontournable lui aussi : sur la route de Beslé à Langon en passant pas la Louzais on ne peut l'éviter :

Le Sacré Cœur

A l'embranchement de la route qui descend vers Droulin et Villeneuve,  à deux pas du Fao.

On l'aperçoit d'abord de dos; là, comme un étendard, le regard levé et tourné vers le Bourg et l'Eglise, les bras grands ouverts, il semble implorer le ciel en faveur de toute la population.

Le Sacré Cœur  de Langon que tout le monde connaît, emblème de la Commune et de la Paroisse au même titre que l'Eglise St Pierre et la Chapelle Sainte Agathe.

Mais, au fait, depuis quand est-il là?

Qu'elle est son histoire?

1932 Inauguration (Agrandir)

 

Carte postale 1950

2015

Tout d'abord, et contrairement à ce que peut penser la grande majorité des langonnais actuels - et je le sais pour avoir interrogé nombre d'entre eux à ce sujet - le Sacré Cœur n'est propriété ni de la Paroisse, ni de la Commune : c'est une propriété privée. Et il ne date pas de 1940 comme pourrait le faire croire la petite plaque en marbre accrochée sur son socle (il sagit d'un ex-voto).

Un peu d'histoire.

Mathurin Gaudichon et  Marie Gandebœuf  était un ménage tenant ferme au village de Villeneuve. Alors que Mathurin était atteint d'une maladie pulmonaire, son épouse Marie fit le voeu d'ériger une statue en l'honneur du Sacré Coeur pour la guérison de son mari.

Eriger une statue n'était pas une mince affaire, rapidement la communauté paroissiale prit fait et cause pour le couple et fit sienne le voeu de Marie. C'est ainsi que fut mis en place ce projet qui prit forme avec le soutien de l'ensemble des paroissiens. L'érection de la statue sur un terrain appartenant aux époux Gaudichon fut l'occasion d'une immense fête en l'honneur du Sacré Coeur où chacun, comme pour la Fête-Dieu annuelle, participa en donnant de son temps et ses moyens. Sans avoir trouvé de document relatant l'événement, j'ai tout de même appris qu'une procession accompagna le convoi depuis la place de l'Eglise jusqu'au lieu de l'édification du monument; la statue disposée sur un char tiré par six boeufs appatenant à Alexandre Dandé du Vaulay.

De ce jour la dévotion des paroissiens Langonnais au Sacré Coeur de Jésus n'en fut que plus affermie; la cause d'un particulier était devenue celle de toute la communauté. En participant à l'érection de la statue et à sa mise en place sur le site celle-ci en était devenue un peu la propriétaire. Précédemment le parcours de la procession de la Fête-Dieu ponctué de reposoirs allant jusqu'à la Croix Saint Michel sur la Lande - devant l'école des filles Lire -  prit un autre chemin... celui du Sacré Coeur. Un imposant reposoir - que l'on voit sur l'une des photos ci-dessus - était remisé chez les Gaudichon à Villeneuve toujours prêt pour mise en place. Nouvel étandard pour la Paroisse la commune se l'appropria dans la foulée, ou  tout comme... puisque rapidement, dès les années 40, les éditeurs de cartes postales l'intégrèrent comme site et vue à part entière de la cité.

La vie n'est pas toujours indulgente et réserve souvent des surprises pouvant paraître injustes. Quelques années plus tard Marie Gandeboeuf décédait en couches, son mari Mathurin Gaudichon survécut et se remaria avec Emilie Letort (dite la "Grand'Milie"). Suite aux alliances et successions le Sacré Coeur appartient maintenant aux Gaudichon et Eline de Villeneuve. Depuis de nombreuses années le monument n'était plus vraiment entretenu, la statue commençait même à prendre le statut d'abandon quand il n'était pas "tagué" comme ce fut le cas au cours de l'année 2015. Heureusement, l'un des héritier propriétaire, Jacky Eline, prit cette même année 2015 la décision de sa remise en état. Vous pouvez juger du résultat en cliquant sur la photo de gauche pour l'agrandir.

Pour la petite histoire, la plaque en marbre avec l'inscription "Merci - 1940" est un ex-voto commandé par une dame Jamot. Un deuxième ex-voto non daté est accroché un peu plus haut.