ACCUEIL

Histoire

Yves Cariou

 

Nouvelles :

Poésie

Les Demoiselles de Langon

Histoire

 

 

 

 

LES DEMOISELLES DE LANGON

 

Poésie - Par l'Abbé Jacques Porcher

 

Le savant sans fin se demande

Le sens des pierres de Langon.

Ces Demoiselles de la lande

Ont gardé leur secret profond !

 

Mais du moins voici la légende

En ce lieu qu’envahit l'ajonc :

La place était jadis plus grande;

On y dansait quarante en rond.

 

C'étaient Jacqueline, Yolande,

Ou c'étaient Perrette, Nanon,

Qui sortaient, pour former la bande,

Du manoir, de l'humble maison.

 

On venait de loin par la brande

Et du bourg par le raidillon.

Ecoutez leur sabot qui scande

L'air guilleret de la chanson !

 

Sentez-vous l'odeur de lavande ?

Les blanches robes qu’elles ont !

Quelle joyeuse sarabande !

Sur l'herbe fine qu'il fait bon !

 

Or, un dimanche, en contrebande,

On dansa pour plaire au démon,

Car s'il convient qu'on se détende,

Le jour du Seigneur valse-t-on?

 

La cloche, il faut bien qu’on l’entende,

Sonne les Vêpres ; Ding, Din, Dong !

"Allons, vite ! il faut qu’on descende ! "

On reste ! Alors ce n’est pas long !

 

Le roc comme une houppelande

Enferme Perrette et Nanon.

Cherchez Jacqueline, Yolande !

I1 n'est que des pierres en rond !

 

A la croisée des chemins avant le remembrement (1960)

 

Croix St Michel

 

 

L'âme mystique du Breton se plait en effet à auréoler de halos lumineux les paysages et les monuments de ses landes. Celle qui enveloppe des "Demoiselles" de Langon est typique au plus haut point.

Cet assemblage de blocs quartzite se trouve à trois cents mètres environ du bourg,

Lire la suite

Carte postale - 1970


 

Les Demoiselles 2

Tout compte fait, elles sont trente

Leur groupe est modeste ! Il s'implante,

Parmi la bruyère et l'ajonc,

En haut de la Lande, à Langon.

Carnac a des roches plus belles,

Des Dames, non des Demoiselles.

Mais qu'ils sont sonores, nos pins

Et d'un joli bleu les lointains !

Des filles donc, dit la légende,

Un dimanche, ont monté la Lande,

Et les Vêpres sonnaient : SONNEZ !

Nous autres, nous allons danser.

Ah! La cloche en vain vous appelle :

La Lande vous garde pour elle !

TROP tard, trop tard vos repentir,

Les FILLES, vous serez MENHIRS !

Adieu velours, coiffes, médailles,

Dans un parterre de broussailles,

Vous pourrez voir fleurir l'ajonc,

En haut de la Lande, à Langon.

 

Et le rond toujours se dessine,

Un peu défait, il se devine,

Mais il n'est plus gros que rocs pesants

Sur lesquels grimpent les enfants.

On dit pour allonger l'histoire,

Qu'à Noël les Roches vont boire,

Sous l'une ou l'autre est un trésor

Dont à Minuit scintille l'Or?

Chacune à la rivière goûte,

Puis, rarement, se trompe en route.

Et malgré tout, on peut en voir,

Une ou deux, auprès du Lavoir,

Qui, là-haut, remplit ses sacoches

Peut-être écrasé par les Roches

Quand finit de sonner Minuit,

S'il reste là; malheur à lui !

Au point du jour, la paix est grande :

Non, plus rien de la Sarabande,

Dans l'air frais, écoutez les Pins

Chantant, comme tous les matins...

 

            L'Abbé Jacque Porcher.