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Les BOUDINS : une chanson langonnaise

Quoi de plus convivial qu'un rassemblement autour d'une table ? Tradition Française, régionale ou locale, les repas de fête ont toujours donné lieu à des festivités se terminant par des chansons... du moins était-ce encore le cas chez nous voici quelques décennies, comme le rappelait l'Abbé Jacques Porcher dans le Bulletin Paroissial d'Avril 1968.

Si ces repas sortant de l'ordinaire avaient dans la plupart des cas une origine religieuse (baptêmes, communions, mariages...), dans nos campagnes étaient deux événements n'ayant pas ce fondement : les battages - ou "batterie" - et les boudins. Les battages (mais j'y reviendrais sans doute à un autre moment) se déroulaient bien entendu en semaine : les paysans de plusieurs villages réunissaient alors leurs forces et leurs bras et suivaient la batteuse passant successivement dans ces mêmes villages pour procéder au battage des céréales chez les uns et les autres... pendant que les femmes préparaient le repas du soir où tous se retrouvaient souvent tard dans la soirée.... Je connais : j'y étais !

Les "Boudins" étaient autrement plus festifs. Au moins une fois l'an, dans chaque ferme, on tuait le cochon (en semaine, bien sûr). Le but premier était bien entendu de mettre au saloir des quartiers de l'animal afin de nourrir la famille au fil du temps. Mais c'était en même temps l'occasion de préparer de nombreuses charcuteries (saucisses, rillettes, grillons, rôtis... et boudins) afin d'en faire profiter la famille, les amis, éventuellement les voisins demandés en renfort pour l' "exécution" de l'animal ou la confection des terrines - cuites au four à pain -. Tout ce beau monde étant invité le dimanche suivant autour de la table pour déguster ces préparations; et cette réunion avait pour nom : "Les Boudins".

Comme toute manifestation du genre, le repas était ponctué par des chants individuels, chaque interprète ayant SA chanson que tous écoutaient religieusement pour d'un même chœur reprendre ensemble le refrain. Parfois il n'était pas exclu que l'un ou l'autre taquine la muse en se targuant d'un pastiche sur un air à la mode de l'époque.

Exemple cette pièce d'anthologie - ci-dessous - datant de 1898 sur un air de Théodore Botrel apparu trois ans plus tôt, qui alors fit fureur... et toujours présent au répertoire de tout bon Breton d'aujourd'hui.

Chanson des Boudins - 1898

Sur l'air de la Paimpolaise (1895)

 

1 - Dans la grande et jolie commune

De Langon, pays des bons gâs

Existe une vieille coutume

Dont chacun ne se départ pas

Aux boudins joyeux

Faut aller nombreux

 

2 - Dans ces assemblées de famille

Sont réunis les braves gens

Les parents, les garçons, les filles,

Les amis, chacun  est content.

Et tous chantent heureux

Ce refrain joyeux !

Refrain

 

Vivent les Boudins, c'est l'affaire

De tous les bons gâs de Langon

Et cette mode qu'on vénère

Ne mourra qu'avec le jambon !

 

3 - Quand les estomacs se remplissent

De boudins parfaits, de grillons,

De pâté, de lard, de saucisses,

Le cidre coule vermeil et bon,

Et tous les gosiers

Sont souvent lavés.

 

4 - Le tabac à priser, la pipe,

Font aussi leur apparition.
La fête ne serait pas chique

Sans cette belle exhibition.

Tous prisons, fumons,

Ensemble chantons.

5 - L'heure des chansons vient ensuite,

Chacun doit dire son couplet.

Même ceux qui ont une cuite

Ne peuvent partir sans chanter.

Et toutes les voix

Répondent à la fois !

 

6 - En somme cette réjouissance

Réunit tous les bons amis.

Et personne n'a de repentance,

Personne n'a plus de soucis.

Dans ces gueuletons-là

Tout est à la joie !